Les codes QR
Le mini essai de mon collègue de classe Tommy Bernier porte sur l’utilisation des codes QR. Cet étudiant affirme que : << les codes QR sont d’excellents moyens afin de promouvoir et de publiciser ce que l’on désire. Qu’il s’agisse d’événements, d’œuvres, de films ou autres, c’est une solution rapide et efficace.>> Mon collègue Bernier affirme aussi que les codes QR sont de plus en plus populaires et qu’ils constituent une façon écologique de faire de la publicité.
En contrepied à l’analyse de Tommy Bernier, je présenterai mes impressions, fort différentes quant à l’efficacité de cette nouvelle technologie dans le marché de la publicité. De plus, Tommy ne mentionne pas beaucoup d’inconvénients au code QR alors qu’à mon avis, cette nouvelle façon de faire de la publicité connaît encore certaines lacunes que je vous présenterai. Pour ce contrepied, j’adopterai le point de vu du public et je présenterai d’autres aspects de cette technologie que mon camarade de classe n’a pas exploré dans son essai numéro 1.
Qui se sert vraiment des codes QR ?
Le code QR est plutôt une technologie nouvelle (1999). Par contre, il est tout de même possible de mesurer son efficacité malgré son jeune âge. L’efficacité se mesure par son utilisation et sa réussite à atteindre son public cible.
Qui sont les consommateurs ? La plus grande proportion de consommateurs au Québec se situent chez les baby-boomers, soit les 66 à 46 ans, suivi de près par les jeunes de moins de 18 ans.
Cependant, les codes QR ne peuvent être lu que par les téléphones intelligents et très peu de baby-boomers en possèdent. De plus qui dépense le plus d’argent ? Encore la ce sont les baby-boomers. Ils sont le public cible de la majorité des publicités puisqu’ils sont ceux avec le plus d’argent et en dépensant le plus.
Mon collègue mentionne dans son essai que selon le site Marketing On The Beach, les codes QR ont quatre utilités principales : créer de la présence, informer, acheter et créer un comportement « post-achat ». Difficile d’inciter le consommateur à acheter quand la majorité de ceux possédant un téléphone mobile intelligent ne sont pas encore sur le marché du travail et n’ont donc pas encore le même pouvoir d’achat que les plus vieux.
On a souvent l’impression que les téléphones mobiles font parti de notre quotidien et que tous en possèdent un. Pourtant, selon une étude diffusée par l’Association canadienne des télécommunications, c’est près de 50% des jeunes de 18 à 24 ans qui ont comme mobile, un téléphone intelligent. C’est donc dire qu’une moitié des jeunes, catégorie d’âge la plus branchée n’a pas de téléphone intelligent.
C’est la base d’avoir un téléphone intelligent pour lire les codes QR, mais encore faut t’il les connaître et les utiliser. Toujours selon l’étude citée plus haut, seulement 45 % des propriétaires de téléphones intelligents connaissent les codes QR. L’effet de mystère provoqué par le code QR est intéressant, mais si une majorité de la population ne savent toujours pas à quoi cela sert, à quoi bon l’utiliser comme outil publicitaire.
10% des propriétaires de téléphones intelligents uniquement ont déjà tenté de les scanner. C’est donc dire que leur existence est encore méconnue, mais surtout, que leur utilisation est encore à un stade embryonnaire. Il faudrait donc faire d’abord de la publicité pour faire connaître cet outil de publicité en lui-même. (Marketing-mobile)
Certaines régions du Québec n’ont toujours pas d’accès à Internet haute vitesse. Les gens y vivant sont donc bien loin de scanner des codes amenant vers un lien publicitaire de leurs produits ménagers, quand ils n’ont même pas encore accès à une boite courriels.
Quel intérêt pour un publicitaire d’utiliser un code QR quand la population la plus en moyen utilise à peine cette technologie ? Autant miser sur d’autres supports ayant un plus grand pouvoir de pénétration dans cette population. Le journal, les magazines, la télévision et la radio, sont pour cette tranche de population des médias beaucoup plus efficaces.
Les gens se trouvent déjà envahis par la publicité, alors pourquoi courir après ? En 1977, un américain était soumis à 2 000 publicités par jour, de nos jours, il en reçoit plus de 5 000. Normal qu’il n’ait pas envie de scanner un code QR alors qu’il sait nécessairement qu’il sera redirigé vers un lien publicitaire de plus dans sa journée.
Un peu partout ces codes
Mon collègue à raison de dire que nous retrouvons de plus en plus de codes QR en publicité. Ils sont de plus en plus présents sur les produits que nous achetons ou sur les publicités que nous voyons.
Cependant, elles ne sont pas toujours accessibles. Ce court vidéo démontre clairement qu’il est impossible de lire le code QR sur cette porte coulissante.
Ou encore, la hauteur de cette pancarte électorale rend la lecture de ce code QR impossible.
Le code QR nécessitant l’utilisation du téléphone mobile. Il ne peut donc être utilisé partout. Les métros, certains édifices en béton, les sous-sols et ces multiples endroits similaires regorgeant habituellement de publicités ne peuvent se servir de ce mode de publicité dans ces lieux puisque leur lecture est impossible en raison de l’inactivité du service réseau des cellulaires.
Écologique ?
Tommy Bernier mentionne aussi dans son travail toute l’économie de papier que la publicité par code QR pourrait apporter si son utilisation s’accroissait. Cependant, pour ma part, je pense que le cellulaire est en soit un objet très polluant. La plupart des téléphones cellulaires vendus au Canada sont achetés dans le but de remplacer un ancien modèle. Cet achat provoque un surplus de 4,5 millions de téléphones cellulaires jetés chaque année. Des statistiques démontrent que ce nombre ne cesse de croître en raison du nombre toujours plus grand d’utilisateurs de cellulaire, soit environ 26 000 par année).
De plus, la moitié des répondant à un sondage de Statistiques Canada affirment ne pas savoir que leurs vieux cellulaires sont recyclables. (Soder)
Je veux bien utiliser moins d’arbres pour la publicité, mais de la à jeter un vieux cellulaire au dépotoir, qui prendra certainement plusieurs années à se décomposer pour y arriver, je n’en suis pas convaincue.
Un avenir pour les codes QR ?
Comme mentionné dans mon billet portant sur le sujet, la popularité des codes QR est bien loin d’être aussi importante au Québec qu’en Asie. Cependant, la démographie québécoise joue probablement en défaveur de cette technologie de pointe. La population vieillissante accorde moins d’importance aux nouveautés de la sorte que les jeunes.
De plus, ce moyen de pénétration publicitaire est loin d’être accessible à tous. Un appareil mobile intelligent est dispendieux et les frais d’utilisation mobile au Canada sont les plus élevés du G7. Selon le CRTC, « L'utilisation du mobile a été relativement moins chère en Allemagne, en Italie, en Australie et au Royaume-Uni et ces bas prix ont probablement été le moteur des taux de pénétration plus élevés du mobile dans ces pays. » (Grégoire)
En Bref, avoir un portable coûte trop cher au Canada soit en moyenne 58$ par mois. Le coût d’utilisation du téléphone intelligent fera toujours en sorte que la population la plus pauvre n’aura jamais accès à cette forme de publicité si les tarifs cellulaires ne diminuent pas ou qu’une nouvelle technologie plus abordable ne fait pas son apparition.
Le code QR est loin d’avoir atteint son plein potentiel au Québec et qui sait s’il le fera un jour. Je suis peut-être pessimiste face à cette nouvelle technologie, mais je crois, suite à ce contrepied, que bien que le code QR semblent être une petite mine d’or pour les publicistes asiatiques, il ne sera pas possible de l’implanter dans une aussi grosse proportion au Canada et ce en raison des coûts élevés des télécommunications mobiles qui freinent l’expansion de l’utilisation du téléphone intelligent, seul lecteur à ce jour des codes QR.
La population n’a pas les moyens de cette technologie ou ne sait simplement pas encore comment s’en servir. Mais qui sait, ce que j’affirme aujourd’hui peut rapidement changer avec l’évolution constante des technologies.
Mots : 1391
Bibliographie
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